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Passionné de pêche à la mouche, nature et photographie

Rivières Franc-Comtoises, une honte!

Bonjour à tous,

 

Je me rappelle il y a plusieurs années quand je prenais la route de « Goumois » pour pêcher le Doubs Franco-Suisse, je m’arrêtais toujours sur le pont de St Hippolyte pour admirer les belles truites et les beaux ombres, je me pressais ensuite de monter la côte de Maîche et de rejoindre le parcours du Moulin du Plain. Ce parcours a toujours eu quelque chose de mythique pour moi, tant de pêcheurs passionnés qui sont passés par là, tant d’ouvertures « miraculeuses » ou au contraires « frustrantes » par des conditions climatiques difficiles, tant de beaux poissons et cette ambiance sauvage caractéristique qui peut nous faire croire que nous sommes seuls au milieu d’un environnement préservé…

Les choses ont bien changées avec le temps, il y a quelques jours, en route pour une partie de pêche sur Goumois je n’ai même pas osé m’arrêter sur le pont de St Hippolyte, je savais que je serais déçu de voir une rivière à l’agonie….

Arrivé sur le « pré Bourassin » en début de matinée, deux choses me frappent. La première, je suis seul au bord de l’eau alors que nous sommes un jour férié et que les conditions météo sont plutôt intéressantes pour la pêche à la mouche. La deuxième chose qui me frappe c’est l’état des fonds du Doubs, nous sommes tout début Mai et le fond est aussi sale qu’en plein mois d’Aout!

 

En longeant la berge je n’aperçois presque qu’aucun poisson, la journée s’annonce déjà bien mal…

Je descend ensuite sur le parcours du Moulin du Plain et mes craintes ne font que s’amplifier…

La rivière est dans un état lamentable, les fonds déjà couverts d’algues vertes, très peu de truites en poste et ce qui m’inquiète plus que tout c’est que je ne vois aucun ombre…

 

Il aura fallu que j’arrive sur la prairie de « la Verrerie » pour voir le premier ombre de la journée, il s’agit hélas d’un poisson couvert de mousse en train d’agoniser et de se laisser porter par le courant pour mourir dans des conditions catastrophiques…

 

Voir ce secteur vide de tout poisson me dégoute et m’attriste profondément…tant de gâchis! Comment l’homme à t-il pu en arriver là!

Comment peut-on détruire à ce point cette ressource si précieuse ?

 

 

Après avoir marché durant 3 heures le long de la rivière, je ne peux plus trouver le courage de pêcher  les quelques très rares poissons observés. Je n’ai vu que quelques truites et un total de 6 ombres dont 4 étaient déjà morts et 2 en train d’agoniser.

Ecoeuré et n’ayant plus du tout l’envie de pêcher, j’ai préféré ranger mon matériel et aller voir de moi-même sur le Dessoubre  si la situation était aussi dramatique.

 

En cours de route, en traversant en voiture le plateau du haut Doubs et les grandes prairies qui séparent le Doubs et le Dessoubre on peut aisément comprendre  que l’une des principales origines  du mal prend sa source ici.

 

 

 

Partout où se porte mon regard, des tas de fumiers et/ou du lisier épandu…

Il est là le vrai visage de notre société, le vrai visage de la Franche-Comté, une production basée sur le rendement où l’impact écologique ne pèse rien face au seul but de produire encore et toujours plus coûte que coûte!

Aussi bon soit-il j’aurai toujours ce goût amer dans la bouche en croquant dans un morceau de Comté…

Arrivé sur le bord du Dessoubre je comprends très vite que la situation est encore plus catastrophique que je ne l’imaginais!

 

Les gravières sont vides de toute vie, il ne reste que quelques cadavres. Les autres poissons se sont déjà décomposés ou ont été emportés par le courant.

 

Sur certains magnifiques secteurs où il y a encore quelques années on pouvait voir une densité d’ombres incroyable c’est le vide absolu!

 

 

Un environnement naturel saccagé, où l’excès de nitrates est tellement évident!

 

 

 

 

 

Sur 7 secteurs différents, je n’ai observé qu’un seul ombre en bonne santé apparente tous les autres étaient morts ou en train d’agoniser.

Même si j’ai vu quelques truites en bonne santé, j’en ai observé beaucoup trop qui étaient mycosées ou mortes.
Ce fléau touche tous les poissons et de toutes les tailles!

 

En témoigne cette petite truite qui en train d’agoniser… pas besoin d’un long discours cette vidéo suffit à elle même pour donner l’ambiance au bord de cette rivière:

 

 

Alors oui aujourd’hui cet article ne vend pas du rêve, aujourd’hui hélas je vous offre de la réalité.

Une réalité qui perdure dans l’indifférence la plus totale où trop peu de personne prennent conscience de la gravité de la situation. Il s’agit pourtant de l’eau, un des biens les précieux que nous avons entre nos mains.

Alors même si je sais que certains pêcheurs n’aiment pas ce discours jugé parfois trop « pessimiste », je souhaitais aujourd’hui partager avec vous ma tristesse de voir de si belles rivières mourir…

Libre à chacun de continuer ou pas d’y pêcher, libre à chacun de continuer de profiter des « miettes qu’il reste après chaque épisode de mortalité ».

Mais je pense qu’il est de notre devoir de dénoncer ce gâchis et se mépris pour notre environnement.

 

A bientôt

Clément

18 Comments

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  1. Bonjour , cher ami moucheur .

    Du Loir et Cher , j’ ai souvent pris la route pour 2 ou 3 jours de pêche tant sur le Dessoubre que sur le Doubs aux endroits dont vous évoquez la triste désolation. Mais c’ était il y a 20 ou 25 ans , il y avait des ombres en pleine forme , idem pour le truites . Quelle tristesse de constater ce qu’ il en est aujourd’ hui . je suis triste pour les poissons et pour nos jeunes générations pour lesquelles les noms du Moulin du Plain , du Pré Bourassin , de la Verrerie , de Vauclusotte , etc…resteront un mythe et croirons difficilement les vieilles mains dont je fais partie . Maintenant je pêche en Lozère , les Gorges du haut Allier au Nouveau Monde et le Chapeauroux ….rivières qui sont encore préservées ……pour combien de temps . Merci d’ avoir attiré l’ attention des amateurs de pêche à la mouche .En ce qui me concerne , je connaissais l’ étendue des dégâts par un pêcheur qui habite à Pont de Roide. RIP, rivières mythiques du Doubs !

  2. où sont passées ou à quoi ont servi ces sommes allouées pour soit disant sauver la dessoubre ou autre depuis plus de 10 ans?

  3. Salut Clement,

    Je suis dégouté de voir tes photos. C’est un vrai massacre et le pire c’est que tout le monde s’en fout !
    Je vois cela de partout, petit à petit, le mal ronge nos rivières.
    Nos enfants ne pourront plus pêcher, c’est terrible.

    A+

    Phil

  4. Bonjour, vous avez raison de dénoncer la mauvaise santé de nos rivières!
    Je savais nos cours d’eau en mauvaise état, mais la c’est catastrophique!
    Quel option utilisé ?
    Pétition ou interrelation des politiques à l’approche des législatives ?

  5. Merci Clem de faire partie de ceux qui dénoncent ce qu’il see passe …

  6. Bonjour.
    Je suis tombée sur votre article par mon cousin, pêcheur, qui l’a partagé.
    J’habite vers Pont-de-Roide et il est vrai que depuis quelques années, malheureusement, on voit nos rivières polluées horriblement.
    Je me souviens, quand j’étais petite, j’adorais m’arrêter sur les ponts pour regarder les poissons qui foisonnaient.
    Aujourd’hui, j’ose à peine baisser la tête car je sais que je serai attristée par l’absence de vie dans ces eaux…

    J’ai appris récemment l’une des causes de cette pollution. Il est interdit chez nous de déverser des déchets polluants (produits chimiques etc…) dans l’eau, mais certains contournent cette interdiction en allant le faire à la frontière Suisse. Et, bien sûr, comme c’est un court d’eau, ça finit par arriver chez nous. Lorsque j’ai appris ça, ça m’a vraiment révoltée.

  7. Salut Clément,

    Pêcheur à la mouche avec mon ami Christian, originaires tous les deux de Pont Du Navoy, habitant en Alsace et dans le Doubs, nous dénonçons et nous sommes les témoins de cette catastrophe qui s’éternise depuis plus de trente ans sur toutes les rivières du Doubs, de l’Ain et du Jura.

    Christian et Philippe

  8. J’ai commencé à aller à la pêche à l’âge de 8 ans.Chaque année.
    Passionné par les poisson et la vie aquatique, j’ai été secrétaire d’AAPPMA plusieurs années. Aujourd’hui à 57 ans, je suis désespéré par le comportement des humains qui composent notre société de consommation.Seuls le fric et le pouvoir sont reconnus. Le reste compte pour des prunes. Je ne pêche plus depuis 5 ans et ne souhaite plus cotiser pour payer des droits de pêche qui ne servent qu’à payer du personnel pour rien. Les looby agricoles, industriels et les collectivités sont au dessus des lois.
    Bientôt, toutes les rivières seront foutues et la seule chose que font les préfectures, c’est demander aux pêcheurs de ne plus prélever de poissons… Encore un petit effort et les rivières seront vides de tout occupant, à part quelques chevesnes et hotus. Aller à la pêche restera juste un souvenir.

  9. Une autre rivière massacrée par l’activité humaine : si vous voulez constater une honte écologique, venez dans le sud de l’Oise faire une visite de la Troesne. Au lieu d’une rivière salmonicole de première catégorie (ce qui ne signifie plus rien), vous y verrez un véritable fossé de drainage au seul service de l’agriculture intensive.
    L’eau vive ne devrait pas être « un bien commun » trop facile à s’approprier dès qu’on peut se le payer, mais un bien incessible et inaliénable. Il y a tant d’intérêts privés et publics, agricoles et industriels en jeu que ce n’est pas demain la veille qu’on admettra qu’un cours d’eau est d’abord le lieu de vie des poissons d’eau douce (dont 99% des humains ne connaissent pas l’existence).

  10. Bonjour

    Il n’y à pas d’éléphants ni de baleines donc cela ne concerne pas l’état français qui préfère donner des leçons d’écologies ailleurs mais pas sur le territoire français .
    On préfère voir les gens avec des cancers que de prendre le problème de la qualité des eaux en considération .
    Il est vrai que les écolos en françe j’en vois un tout les matins en tirant la chasse d’eau .
    Parait il que un écolo qui se déplace dans les airs vient arrivé au gouvernement je sait pas si il n’a pas peur de l’eau alors c’est pas gagné pour nos poissons franc comtois.

  11. Bonjour à tous. Je suis en rage contre l’agro business et la politique de la pac qui ont fini par avoir la peau des petites exploitations agricoles et des éleveurs en particulier! J’ai fini par renoncer à mon rêve , celui de trouver la maison de campagne proche d’une rivière à truites. Le constat est partout le même. , présence d’algues vertes , disparition des invertébrés, et absence de juvéniles. Il est que dans notre société en perdition il suffit de figurer dans une émission de télé réalité pour avoir le sentiment d’être une vedette !! Alors l’écologie de terrain tout le monde s’en fout! Il y a une idée simple qui pourrait fonctionner plutôt que de payer pour dépolluer nos eaux pourquoi ne pas aider financièrement les agriculteurs et éleveurs qui ont des terres traversées ou en bordure de cours d’eau? Au lieu de cultiver et de traiter dans une bande des 200 mètres on pourrait les dédommager de la perte de production avec une majoration de 50% pour entretien et préservation des berges . D’autres idées? Cordialement. Philippe. Francois. Je suis un vrai nostalgique des grandes années du dessoubre en particulier ce fameux mois de juillet 1989 chez Patrick Talbot a l’auberge de moricemaison.

  12. Une honte absolue . Et pourtant, sauf erreur, l’auberge du Moulin du Plain près de Goumois serait à nouveau exploitée par la famille Choulet ?
    Les retombées économiques potentielles devraient convaincre les élus mais il est vrai que des reportages TV sur les vertus de la production du fromage Comté encouragent le productivisme . Pollueur/Payeur , où en sommes nous ?
    Mobiliser des équipes TV de FR3 pourrait réanimer les prises de conscience? un peu d’espoir svp !

  13. merci Duflot,Cosse,et tous ces bras cassés qui-en plus!-nous imposent leurs grotesques diktats pour (si j’ose dire)
    noyer le poisson…

  14. j ai littéralement envie de vomir quel gâchis.. et la bienne? et la BRA? tout est mort

    je ne donnerai plus un centime a la France je préfère payer le prix et pêcher des régions tel que l Autriche, la suède, l Islande et bien d autre qui eux ont compris la richesse de leurs rivières et on fait un business écologique autour de la pêche et si certain disent que c est pour le riches tant pis fallait juste se réveiller avant..
    QUAND ON VOIT ce que la PAC prévoit avec les allègement des exigences sur le bio Français on est encore loin d une solution!

    le virage aurait du être pris il y a déjà 20 ans maintenant c est trop tard

    un jeune moucheur n ayant pas eu la chance de connaitre l age d or que les anciens n ont pas su protéger

  15. J’habite le bords du Doubs à Goumois et me souvient des magnifiques poissons que l’on voyait sur le pont alors réserve de pêche et pourtant en 1998 une ouverture à massacrer des dizaines de truites sous le regard bienveillant des responsables de la FS et de ses gardes.Cela n’a rien à voir avec la pollution mais met en évidence le peu d’intérêt pour la sauvegarde de notre faune.Mais en entendant discuter nos « experts de la FS il y a toujours du poissons « oui effectivement mais des blancs,des chevaines et des barbeaux et quelques truites et ombres mais bien mal en point.Une magnifique soirée de juin je part sur le Moulin Jeannotat pêcher à la mouche surprise non personne de toute la soirée, mais consolation il faisait beau et chaud pas de gobage pas d’insectes étouffés par la vase la mousse et j’en passe les truites absentes,les blancs gobes j’aurais pu faire une belle friture merci à tous nos pollueurs de laisser un tel bor…pour notre jeunesse.

  16. originaire des Pyrénées j’ai voulu en juin 2017 passer un weekend sur un célèbre parcours privé de la loue / même constat pour moi c’est une rivière morte .Je pense avoir sorti ma soie deux ou trois fois et nous sommes parti avant le coup du soir en abrégeant notre séjour . Il faudra un jour faire plus que des constats et partir pratiquer notre passion à l’étranger .
    Par exemple lancer un boycott des fromages du jura ( que j’adore pourtant) le petit lait étant un polluant extrêmement difficile à éliminer : Chez nous en montagne les bergers s’accompagne d’une tribu de cochons pour recycler le petit lait . Des innovations en micro centrales d’épuration sont en cours mais en attendant nos rivières se meurent .En général les experts parlent de pollution multiples je rajouterais donc deux origines insidieuses
    1) le traitement des bois par par immersion et laissés lessivés en plein air par les quelques centaines de scieries en bordures du Doubs en France et en suisse
    2) il ni a plus en France de semences qui ne soient pas enrobées de pesticides et fongicides quand on voie l’effet avéré sur les abeilles on peut imaginer ce qui est véhiculé par les eaux de ruissellement et donc sur la faune aquatique .

  17. Je ne connais pas ces rivières (si ce n’est de nom bien sur),mais je me met a la place de vous qui etes pécheur bien sur,mais aussi promeneur……et qui pratiquement du « jour au lendemain »se sont retrouvés endeuillés par la perte d’un petit coin de paradis.Encore une fois l’argent a fait des dégats.le toujours plus dètruit la nature et hèlas ceux qui veulent plus de rendement ont oublié qu’ils font partie de cette nature.Alors Messieurs les pollueurs,protègez vous aujourd’hui ,mais demain sera vite là………

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